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Une liberté de la presse à géométrie variable en Afrique

mai 3rd, 2017 by africa48

rfi4017.jpgCe mercredi 3 mai marque la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’occasion de pointer les difficultés des journalistes pour exercer leurs métiers dans certains pays, voire pour les médias libres d’exister. Et de constater les disparités entre les pays africains.

  • 24e/180, l’exception namibienne

La Namibie arrive cette année encore au premier rang des pays africains en matière de liberté de la presse à la 24e place du classement de Reporters sans frontières. Quel est le secret de ce pays anglophone mieux classé que la France ou le Royaume-Uni ?

« Nous avons l’avantage d’avoir un robuste cadre constitutionnel, qui protège la liberté d’expression en Namibie, explique Naita Hishoono, la directrice de l’Institut namibien de la démocratie à Windhoek. Vous ne pouvez pas faire de la prison pour avoir exprimé une opinion ou avoir abordé, dans un article de presse, des sujets délicats. Aucun journaliste namibien n’a été incarcéré ou tabassé depuis 1990. Je me souviens, toutefois, de deux cas de journalistes qui ont été agressés physiquement. Deux cas, donc, en 27 ans. En Namibie, on respecte l’Etat de droit. Les forces de sécurité, la police, l’agence nationale de renseignement laissent les journalistes faire leur travail. »

Le Ghana et le Cap-Vert, respectivement 26 et 27e sur 180, complètent le trio de tête africain.

  • 42e/180, des progrès réels au Burkina Faso

Le Burkina Faso se classe parmi les bons élèves du continent, selon le dernier classement de Reporters sans frontières qui le place à la 42e position.

Avec un paysage médiatique pluriel et la dépénalisation de la diffamation, journalistes et patrons de presse saluent les progrès au niveau de la liberté de presse et d’expression au Burkina Faso. Au Burkina Faso, la liberté de la presse est une réalité. « Vous décidez de vous exprimer et vous vous exprimez. En tout cas les canaux existent pour ça. Même la presse publique aujourd’hui est plus indépendante », souligne l’un d’entre eux. « Avant l’insurrection, je pense quand même que la presse burkinabè était quand même plurielle et libre. Et nous constatons la même dynamique depuis l’insurrection, sauf que ces derniers temps, avec le contexte terroriste, on voit qu’on est en train de vouloir nous imposer une ligne éditoriale dans le traitement de ces questions », pointe un autre.

Ce qui inquiète aujourd’hui les patrons de presse au Burkina Faso, ce sont les obstacles économiques. Plusieurs journaux ont déjà mis la clé sous la porte. « Beaucoup d’entreprises de presse sont en train de fermer. Trois ou quatre ont déjà mis la clé sous la porte, déplore Boureima Ouedraogo, président du comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo. Il y en a d’autres qui suspendent parfois leurs activités et qui reprennent, mais cela traduit la précarité par rapport au fonctionnement des entreprises de presse. Donc aujourd’hui on est confronté à des problèmes économiques qui limitent sérieusement la liberté de la presse au Burkina Faso. »

Si l’Etat fait l’effort de payer ses dettes vis-à-vis des entreprises de presse, on pourra sauver certains médias de cette précarité selon Boureima Ouedraogo.

  • 97e/180, en Tunisie, la crainte d’un retour en arrière

Où en est la Tunisie depuis la chute de Zine el-Abidine Ben Ali en 2011 ? Depuis le « printemps arabe » ? Dans le classement de RSF, la Tunisie est classée 97e sur 180 pays. Malgré un processus de transition réussi, les journalistes continuent de subir de multiples pressions, selon Reporters sans frontières.

Néji Bghouri est beaucoup plus inquiet. Lois liberticides, écoutes téléphoniques, agressions… Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) affirme que les autorités essayent de restaurer le régime de Ben Ali.

Ça fait quelques mois que la liberté de la presse ne tient qu’à un fil, qu’on est libre, mais toujours on pose la question : jusqu’à quand ?

Néji Bghouri

02-05-2017 - Par Jean-Jacques Louarn

  • 112e/180, l’Ouganda dégringole

L’Ouganda s’est fait remarquer cette année par une forte régression du pays dans le classement mondial de Reporters sans frontières. De la 102e place, l’Ouganda est passé à la 112e. Une chute sensible sur le terrain ces derniers mois, notamment pendant la période électorale : enlèvements, pressions en tous genres, arrestations…

Cette journée mondiale de la liberté de la presse est donc marquée notamment par un rassemblement organisé par l’Association des journalistes ougandais à Kampala. Le rassemblement doit avoir lieu dans un grand hôtel de la capitale. Un événement important pour la presse, car ici, faire son travail de journaliste est difficile, explique Issa Kigongo reporter et adjoint à la communication de l’Association des journalistes ougandais. « Nous sommes sujets à de nombreuses menaces. Récemment, un journaliste de L’Investigateur a écrit au président qu’il reçoit des menaces de la part de l’inspecteur général de police. Vous recevez des menaces de personnes inconnues. Ils vous envoient des messages disant que si vous donnez une information vous serez tué », rapporte-t-il.

Peu de temps après cette interview, Issa Kigongo a été emmené brièvement au poste de police pour être interrogé sur l’organisation de cet événement. Une pression permanente et de véritables violences qu’a vécues Gertrude Uwitware. Journaliste pour la télévision NTV, elle a été kidnappée pendant plusieurs heures. « La femme a pris une paire de ciseaux et a coupé mes dreadlocks. Je pense que c’est ce qui a été le plus pénible, à part les claques que j’ai reçues et les tourments psychologiques qui m’ont été infligés. Cela inclut bien sûr le fait que l’homme a braqué une arme à feu sur moi à un certain moment et a dit : “quel âge à ton enfant ?’‘ »

Ses agresseurs, dont l’identité reste inconnue, lui ont reproché lors de sa détention d’avoir pris publiquement position pour la cause de la militante Stella Nyanzi. Cette dernière est incarcérée depuis bientôt un mois.

En queue de classement, les pays aux régimes autoritaires. © Reporters sans Frontières

  • 143e/180, vent de liberté en Gambie

Cette journée pour la liberté de la presse prend une signification particulière en Gambie. Sous l’ancien régime de Yahya Jammeh, les journalistes étaient arbitrairement arrêtés et les médias souvent muselés. Lors du dernier classement de Reporters sans frontières, qui se base sur des données récoltées sous l’ancien régime, la Gambie est classée 143e sur 180. Mais depuis l’élection du nouveau président Adama Barrow, même s’il reste encore beaucoup à faire, les journalistes profitent d’un vent de liberté.

Dans les locaux du journal The Point, Mahamadou Camara discute tranquillement de l’actualité avec ses collègues. Le journaliste de 24 ans n’imaginait pas il y a quelques mois voir son métier changer du tout au tout. « Ça a l’air très prometteur ! Quand j’ai commencé, ma famille me disait : tu vas faire du journalisme alors que le gouvernement a déjà tué des journalistes ! Alors que maintenant, on peut écrire sur ce qu’on veut, tant que c’est intéressant », se souvient-il.

La rédaction reste marquée par l’assassinat en 2004 d’un de ses fondateurs, Deyda Hydara. Pour son ami et directeur du journal, Pape Saine, c’est aujourd’hui l’aboutissement d’une longue bataille. « J’ai beaucoup combattu pour la liberté de la presse et je suis très content de pouvoir faire mon travail proprement en tant que journaliste. On est soulagés, on est totalement libres ! » se réjouit-il.

Mais pour l’Union des journalistes et son président Emil Touray, il y a encore beaucoup à faire pour la liberté des médias gambiens. « Oui, il y a eu de gros progrès, sans aucun doute, mais nos lois sont encore les lois coloniales. Par exemple celle sur la sédition, qui consiste à interdire les déclarations qui peuvent provoquer le mécontentement vis-à-vis du président », pointe-t-il.

Un discours entendu par le ministre de l’Information, Demba Jawo, lui-même ancien journaliste. « On va étudier toutes ces lois sur les médias pour les supprimer ou les amender. Pour que l’on soit en conformité avec le droit international », assure-t-il.

On a déjà célébré cette journée auparavant, mais jamais sans crainte

REPORTAGE

03-05-2017 - Par Claire Bargelès

  • 154e/180, en RDC, le tableau s’assombrit encore 

La RDC occupe la 154e place du classement de RSF. Et l’ONG locale, Journaliste en danger (JED), dresse un tableau sombre de la liberté de la presse. Les violations des droits des journalistes sont en hausse. Selon le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, c’est la conséquence de la profonde crise politique et sécuritaire que traverse le pays. Les institutions en place sont toutes à la fin de leur mandat et les élections n’ont pas été organisées. Cette situation expose les professionnels des médias qui font parfois face à des violences dans l’exercice de leur métier.

Au moment où nous sommes en train de célébrer cette journée, nous avons au moins un journaliste qui croupit en prison depuis plus de cinq mois sans aucun jugement, parce que simplement il a dénoncé le responsable d’une entreprise publique qui a détourné de l’argent ; vous avez le signal de RFI qui est coupé depuis plusieurs mois sans aucune explication valable ; vous avez les médias proches de l’opposition qui sont toujours fermés au Katanga.

Tshivis Tshivuadi

03-05-2017 - Par Kamanda Wa Kamanda

Amnesty International a appelé mardi les autorités congolaises à rétablir « sans condition » le signal de RFI, coupé depuis six mois à Kinshasa.

  • 160e/180, au Burundi, une situation qui ne cesse de se dégrader

La situation s’aggrave sur le front de la liberté de la presse au Burundi à en croire Reporters sans frontières qui classe désormais le pays « noir », c’est-à-dire que la sitiuation y est « très grave ». Le Burundi passe de la 156e à la 160e place sur 180 pays. Depuis la crise provoquée par la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en avril 2015 et la tentative de putsch du 13 mai de la même année, la condition des journalistes et la liberté de la presse ne cessent de se dégrader selon l’organisation.

Et 2016 aura été une nouvelle année compliquée pour la presse au Burundi. Année marquée par la disparition en juillet du journaliste de l’hebdomadaire indépendant Iwacu, Jean Bigirimana. Trois radios privées sont toujours fermées : Bonsesha FM, la RPA et la radiotélévision Renaissance.

Selon RSF, les journalistes burundais sont quotidiennement harcelés par les forces de sécurité et les responsables de rédaction régulièrement convoqués par les autorités.

« A Bujumbura, les journalistes sont terrorisés. Ils ne travaillent que pour le salaire, dans l’autocensure et dans la peur d’une convocation au Service national des renseignements (SNR) », commente le patron de Bonesha et président de l’association des radiodiffuseurs du Burundi, Patrick Nduwimana. Selon lui, la seule radio privée qui a rouvert, Isanganiro, est autorisée depuis un an parce qu’elle a signé un acte d’engagement avec les autorités qui du coup s’ingèrent dans les contenus. Ce qui n’empêche pas les convocations de son rédacteur en chef au SNR comme ce fut le cas il y a un mois.

Ces deux dernières années, une centaine de journalistes burundais ont été contraints à l’exil. C’est le cas notamment du correspondant de RFI et de l’AFP Esdras Ndikumana.

Sur place, des journalistes étrangers ont également été inquiétés cette année. Les envoyés spéciaux du Monde, Jean-Philippe Rémy et Phil Moore en janvier, qui ont vu leurs accréditations retirées, ou la journaliste américaine Julia Steers en octobre. Des journalistes étrangers de plus en plus rares puisque les autorités burundaises ne délivrent quasiment plus de visas aux envoyés spéciaux.

  • 172e/180, Djibouti, un pays sans média indépendant

Selon Reporters sans frontières, la liberté de la presse n’a pas droit de cité à Djibouti, un pays de la Corne de l’Afrique où il n’existe aucun média indépendant. Ce pays est classé 172e sur 180 pays dans le classement 2017 de la liberté de la presse que vient de publier RSF.

La situation reste extrêmement grave à Djibouti sachant que depuis plusieurs années maintenant il n’y a plus de médias indépendants qui peuvent fonctionner.

Cléa Kahn-Sriber

03-05-2017 - Par Esdras Ndikumana

Et derrière Djibouti, on trouve le Soudan (174e/180) et l’Erythrée (179e/180) qui arrive au dernier rang du classement en Afrique chaque année depuis une dizaine d’années.

Chronologie et chiffres clés

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Une liberté de la presse à géométrie variable en Afrique

mai 3rd, 2017 by africa48

rfi4017.jpgCe mercredi 3 mai marque la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’occasion de pointer les difficultés des journalistes pour exercer leurs métiers dans certains pays, voire pour les médias libres d’exister. Et de constate

  • 24e/180, l’exception namibienne

La Namibie arrive cette année encore au premier rang des pays africains en matière de liberté de la presse à la 24e place du classement de Reporters sans frontières. Quel est le secret de ce pays anglophone mieux classé que la France ou le Royaume-Uni ?

« Nous avons l’avantage d’avoir un robuste cadre constitutionnel, qui protège la liberté d’expression en Namibie, explique Naita Hishoono, la directrice de l’Institut namibien de la démocratie à Windhoek. Vous ne pouvez pas faire de la prison pour avoir exprimé une opinion ou avoir abordé, dans un article de presse, des sujets délicats. Aucun journaliste namibien n’a été incarcéré ou tabassé depuis 1990. Je me souviens, toutefois, de deux cas de journalistes qui ont été agressés physiquement. Deux cas, donc, en 27 ans. En Namibie, on respecte l’Etat de droit. Les forces de sécurité, la police, l’agence nationale de renseignement laissent les journalistes faire leur travail. »

Le Ghana et le Cap-Vert, respectivement 26 et 27e sur 180, complètent le trio de tête africain.

  • 42e/180, des progrès réels au Burkina Faso

Le Burkina Faso se classe parmi les bons élèves du continent, selon le dernier classement de Reporters sans frontières qui le place à la 42e position.

Avec un paysage médiatique pluriel et la dépénalisation de la diffamation, journalistes et patrons de presse saluent les progrès au niveau de la liberté de presse et d’expression au Burkina Faso. Au Burkina Faso, la liberté de la presse est une réalité. « Vous décidez de vous exprimer et vous vous exprimez. En tout cas les canaux existent pour ça. Même la presse publique aujourd’hui est plus indépendante », souligne l’un d’entre eux. « Avant l’insurrection, je pense quand même que la presse burkinabè était quand même plurielle et libre. Et nous constatons la même dynamique depuis l’insurrection, sauf que ces derniers temps, avec le contexte terroriste, on voit qu’on est en train de vouloir nous imposer une ligne éditoriale dans le traitement de ces questions », pointe un autre.

Ce qui inquiète aujourd’hui les patrons de presse au Burkina Faso, ce sont les obstacles économiques. Plusieurs journaux ont déjà mis la clé sous la porte. « Beaucoup d’entreprises de presse sont en train de fermer. Trois ou quatre ont déjà mis la clé sous la porte, déplore Boureima Ouedraogo, président du comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo. Il y en a d’autres qui suspendent parfois leurs activités et qui reprennent, mais cela traduit la précarité par rapport au fonctionnement des entreprises de presse. Donc aujourd’hui on est confronté à des problèmes économiques qui limitent sérieusement la liberté de la presse au Burkina Faso. »

Si l’Etat fait l’effort de payer ses dettes vis-à-vis des entreprises de presse, on pourra sauver certains médias de cette précarité selon Boureima Ouedraogo.

  • 97e/180, en Tunisie, la crainte d’un retour en arrière

Où en est la Tunisie depuis la chute de Zine el-Abidine Ben Ali en 2011 ? Depuis le « printemps arabe » ? Dans le classement de RSF, la Tunisie est classée 97e sur 180 pays. Malgré un processus de transition réussi, les journalistes continuent de subir de multiples pressions, selon Reporters sans frontières.

Néji Bghouri est beaucoup plus inquiet. Lois liberticides, écoutes téléphoniques, agressions… Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) affirme que les autorités essayent de restaurer le régime de Ben Ali.

Ça fait quelques mois que la liberté de la presse ne tient qu’à un fil, qu’on est libre, mais toujours on pose la question : jusqu’à quand ?

Néji Bghouri

02-05-2017 - Par Jean-Jacques Louarn

  • 112e/180, l’Ouganda dégringole

L’Ouganda s’est fait remarquer cette année par une forte régression du pays dans le classement mondial de Reporters sans frontières. De la 102e place, l’Ouganda est passé à la 112e. Une chute sensible sur le terrain ces derniers mois, notamment pendant la période électorale : enlèvements, pressions en tous genres, arrestations…

Cette journée mondiale de la liberté de la presse est donc marquée notamment par un rassemblement organisé par l’Association des journalistes ougandais à Kampala. Le rassemblement doit avoir lieu dans un grand hôtel de la capitale. Un événement important pour la presse, car ici, faire son travail de journaliste est difficile, explique Issa Kigongo reporter et adjoint à la communication de l’Association des journalistes ougandais. « Nous sommes sujets à de nombreuses menaces. Récemment, un journaliste de L’Investigateur a écrit au président qu’il reçoit des menaces de la part de l’inspecteur général de police. Vous recevez des menaces de personnes inconnues. Ils vous envoient des messages disant que si vous donnez une information vous serez tué », rapporte-t-il.

Peu de temps après cette interview, Issa Kigongo a été emmené brièvement au poste de police pour être interrogé sur l’organisation de cet événement. Une pression permanente et de véritables violences qu’a vécues Gertrude Uwitware. Journaliste pour la télévision NTV, elle a été kidnappée pendant plusieurs heures. « La femme a pris une paire de ciseaux et a coupé mes dreadlocks. Je pense que c’est ce qui a été le plus pénible, à part les claques que j’ai reçues et les tourments psychologiques qui m’ont été infligés. Cela inclut bien sûr le fait que l’homme a braqué une arme à feu sur moi à un certain moment et a dit : “quel âge à ton enfant ?’‘ »

Ses agresseurs, dont l’identité reste inconnue, lui ont reproché lors de sa détention d’avoir pris publiquement position pour la cause de la militante Stella Nyanzi. Cette dernière est incarcérée depuis bientôt un mois.

En queue de classement, les pays aux régimes autoritaires. © Reporters sans Frontières

  • 143e/180, vent de liberté en Gambie

Cette journée pour la liberté de la presse prend une signification particulière en Gambie. Sous l’ancien régime de Yahya Jammeh, les journalistes étaient arbitrairement arrêtés et les médias souvent muselés. Lors du dernier classement de Reporters sans frontières, qui se base sur des données récoltées sous l’ancien régime, la Gambie est classée 143e sur 180. Mais depuis l’élection du nouveau président Adama Barrow, même s’il reste encore beaucoup à faire, les journalistes profitent d’un vent de liberté.

Dans les locaux du journal The Point, Mahamadou Camara discute tranquillement de l’actualité avec ses collègues. Le journaliste de 24 ans n’imaginait pas il y a quelques mois voir son métier changer du tout au tout. « Ça a l’air très prometteur ! Quand j’ai commencé, ma famille me disait : tu vas faire du journalisme alors que le gouvernement a déjà tué des journalistes ! Alors que maintenant, on peut écrire sur ce qu’on veut, tant que c’est intéressant », se souvient-il.

La rédaction reste marquée par l’assassinat en 2004 d’un de ses fondateurs, Deyda Hydara. Pour son ami et directeur du journal, Pape Saine, c’est aujourd’hui l’aboutissement d’une longue bataille. « J’ai beaucoup combattu pour la liberté de la presse et je suis très content de pouvoir faire mon travail proprement en tant que journaliste. On est soulagés, on est totalement libres ! » se réjouit-il.

Mais pour l’Union des journalistes et son président Emil Touray, il y a encore beaucoup à faire pour la liberté des médias gambiens. « Oui, il y a eu de gros progrès, sans aucun doute, mais nos lois sont encore les lois coloniales. Par exemple celle sur la sédition, qui consiste à interdire les déclarations qui peuvent provoquer le mécontentement vis-à-vis du président », pointe-t-il.

Un discours entendu par le ministre de l’Information, Demba Jawo, lui-même ancien journaliste. « On va étudier toutes ces lois sur les médias pour les supprimer ou les amender. Pour que l’on soit en conformité avec le droit international », assure-t-il.

On a déjà célébré cette journée auparavant, mais jamais sans crainte

REPORTAGE

03-05-2017 - Par Claire Bargelès

  • 154e/180, en RDC, le tableau s’assombrit encore 

La RDC occupe la 154e place du classement de RSF. Et l’ONG locale, Journaliste en danger (JED), dresse un tableau sombre de la liberté de la presse. Les violations des droits des journalistes sont en hausse. Selon le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, c’est la conséquence de la profonde crise politique et sécuritaire que traverse le pays. Les institutions en place sont toutes à la fin de leur mandat et les élections n’ont pas été organisées. Cette situation expose les professionnels des médias qui font parfois face à des violences dans l’exercice de leur métier.

Au moment où nous sommes en train de célébrer cette journée, nous avons au moins un journaliste qui croupit en prison depuis plus de cinq mois sans aucun jugement, parce que simplement il a dénoncé le responsable d’une entreprise publique qui a détourné de l’argent ; vous avez le signal de RFI qui est coupé depuis plusieurs mois sans aucune explication valable ; vous avez les médias proches de l’opposition qui sont toujours fermés au Katanga.

Tshivis Tshivuadi

03-05-2017 - Par Kamanda Wa Kamanda

Amnesty International a appelé mardi les autorités congolaises à rétablir « sans condition » le signal de RFI, coupé depuis six mois à Kinshasa.

  • 160e/180, au Burundi, une situation qui ne cesse de se dégrader

La situation s’aggrave sur le front de la liberté de la presse au Burundi à en croire Reporters sans frontières qui classe désormais le pays « noir », c’est-à-dire que la sitiuation y est « très grave ». Le Burundi passe de la 156e à la 160e place sur 180 pays. Depuis la crise provoquée par la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en avril 2015 et la tentative de putsch du 13 mai de la même année, la condition des journalistes et la liberté de la presse ne cessent de se dégrader selon l’organisation.

Et 2016 aura été une nouvelle année compliquée pour la presse au Burundi. Année marquée par la disparition en juillet du journaliste de l’hebdomadaire indépendant Iwacu, Jean Bigirimana. Trois radios privées sont toujours fermées : Bonsesha FM, la RPA et la radiotélévision Renaissance.

Selon RSF, les journalistes burundais sont quotidiennement harcelés par les forces de sécurité et les responsables de rédaction régulièrement convoqués par les autorités.

« A Bujumbura, les journalistes sont terrorisés. Ils ne travaillent que pour le salaire, dans l’autocensure et dans la peur d’une convocation au Service national des renseignements (SNR) », commente le patron de Bonesha et président de l’association des radiodiffuseurs du Burundi, Patrick Nduwimana. Selon lui, la seule radio privée qui a rouvert, Isanganiro, est autorisée depuis un an parce qu’elle a signé un acte d’engagement avec les autorités qui du coup s’ingèrent dans les contenus. Ce qui n’empêche pas les convocations de son rédacteur en chef au SNR comme ce fut le cas il y a un mois.

Ces deux dernières années, une centaine de journalistes burundais ont été contraints à l’exil. C’est le cas notamment du correspondant de RFI et de l’AFP Esdras Ndikumana.

Sur place, des journalistes étrangers ont également été inquiétés cette année. Les envoyés spéciaux du Monde, Jean-Philippe Rémy et Phil Moore en janvier, qui ont vu leurs accréditations retirées, ou la journaliste américaine Julia Steers en octobre. Des journalistes étrangers de plus en plus rares puisque les autorités burundaises ne délivrent quasiment plus de visas aux envoyés spéciaux.

  • 172e/180, Djibouti, un pays sans média indépendant

Selon Reporters sans frontières, la liberté de la presse n’a pas droit de cité à Djibouti, un pays de la Corne de l’Afrique où il n’existe aucun média indépendant. Ce pays est classé 172e sur 180 pays dans le classement 2017 de la liberté de la presse que vient de publier RSF.

La situation reste extrêmement grave à Djibouti sachant que depuis plusieurs années maintenant il n’y a plus de médias indépendants qui peuvent fonctionner.

Cléa Kahn-Sriber

03-05-2017 - Par Esdras Ndikumana

Et derrière Djibouti, on trouve le Soudan (174e/180) et l’Erythrée (179e/180) qui arrive au dernier rang du classement en Afrique chaque année depuis une dizaine d’années.

Chronologie et chiffres clés

r les disparités entre les pays africains.

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Présidentielle: écoutez en direct le débat Marine Le Pen - Emmanuel Macron

mai 3rd, 2017 by africa48

rfi2017.pngLe second tour de la présidentielle en France opposera Marine Le Pen du Front national à Emmanuel Macron du mouvement En Marche ! dimanche 7 mai. Les deux finalistes confronteront leurs idées et programmes lors d’un débat télévisé ce mercredi 3 mai. RFI vous propose de suivre en direct ce débat décisif suivi de notre édition spéciale avec nos invités et nos journalistes politiques.

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Les petites phrases des débats présidentiels en FRANCE

mai 3rd, 2017 by africa48

2017_le_debat_presidentiel_0.jpg2017_le_debat_presidentiel_0.jpgCe mercredi 3 mai se tient le traditionnel débat de l’entre-deux tours de la présidentielle française. Depuis 1974, presque tous les finalistes de l’élection à la magistrature suprême se sont prêtés à cet exercice télévisé et radiophonique. Présenté par deux journalistes, cet échange long de deux à trois heures marque souvent le point d’orgue de la campagne électorale. Sans avoir systématiquement une incidence décisive, il réunit toujours devant le poste des millions de Français.

Pour la première fois, un débat télévisé est organisé entre les deux candidats, le socialiste François Mitterrand et le candidat du centre-droit Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier, moins âgé et plus agile devant les caméras, remporte le duel. François Mitterrand a reconnu plus tard auprès du réalisateur Serge Moati qu’il avait jugé « catastrophique » sa prestation, rapporte le Journal du Dimanche.

L’ancien ministre de l’Economie de Georges Pompidou use de tous les stratagèmes pour déstabiliser le socialiste : lorsque Mitterrand parle économie, Valéry Giscard d’Estaing plonge le regard dans ses feuilles, l’air réprobateur. Il donne aux téléspectateurs l’impression que le candidat du Parti socialiste se trompe dans son exposé. En réalité, les feuilles sont blanches, mais l’équipe de Mitterrand ne s’en rend compte qu’à la fin du débat. Agacé quand le centriste l’interroge sur le cours du deutschemark (la monnaie allemande de l’époque), le socialiste rétorque : « Je n’aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n’êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur. »

Mais tant qu’il est question d’économie et de croissance, c’est bien VGE qui prend le dessus. Surtout quand, lors d’un échange sur la répartition de la croissance, il contredit François Mitterrand et lui assène le fameux « Vous n’avez pas le monopole du cœur ».

► Vous pouvez retrouver toutes les vidéos des débats dans le Storify ci-dessous ▼

Quand il est question des résultats du premier tour de la présidentielle, Valéry Giscard d’Estaing évoque Clermont-Ferrand, ville du centre de la France « que vous connaissez et qui vous connaît bien ». Une allusion discrète mais directe à la double vie secrète de François Mitterrand : sa maîtresse Anne Pingeot est originaire de Clermont-Ferrand. Quelques mois plus tard, en décembre, naît Mazarine, la fille du futur président et de l’historienne d’art.

5 mai 1981 : 30 millions de téléspectateurs

On prend les mêmes et on recommence. Mais cette fois, Mitterrand connaît son adversaire et ses méthodes, même s’il n’a « pas envie d’y aller », raconte le réalisateur Serge Moati à franceinfo. Le socialiste et son équipe proposent donc 21 règles pour encadrer le débat, acceptées par les équipes de Valéry Giscard d’Estaing. Les plans de coupe sont interdits : seul le candidat qui parle doit apparaître à l’écran ; les journalistes qui encadrent la prestation ne travaillent pas à l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), contrôlé par le gouvernement ; l’éclairage est calibré…

Toutes les précautions prises par François Mitterrand pour apparaître à son avantage lors du débat se doublent d’une grande préparation de la part du socialiste. Comme VGE lors du précédent exercice, il recourt à des procédés peu scrupuleux. Comme quand il pose sur sa table un dossier dont le titre fait référence aux diamants de Bokassa , du nom de l’empereur centrafricain qui aurait offert des pierres précieuses à Valéry Giscard d’Estaing quand il était ministre de l’Economie. Le centriste est particulièrement décontenancé, d’autant qu’il ne sait pas que le dossier est vide.

Le successeur de Georges Pompidou est fatigué par sept années de pouvoir. Les seules saillies notables sont à mettre au crédit de François Mitterrand : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d’il y a sept ans, « l’homme du passé », remarque le socialiste quand il s’adresse à Valéry Giscard d’Estaing. C’est quand même ennuyeux que dans l’intervalle vous soyez devenu, vous, l’homme du passif. »

28 avril 1988 : 30 millions de télespectateurs

Rarement un débat présidentiel qui, pour la première fois dure plus de deux heures, aura été aussi tendu, remarquent encore aujourd’hui la plupart des observateurs. Selon le journaliste Alain Duhamel, cité par Le Journal du Dimanche en 2012, c’était « le plus teigneux, le plus dramatisé, le plus personnalisé » de tous les débats présidentiels.

En cause : l’animosité entre le président de la République François Mitterrand et son Premier ministre depuis deux ans, le candidat de la droite, Jacques Chirac. Le socialiste a insisté pour que la table du débat qui sépare les débatteurs fasse 170 centimètres. C’est précisément la taille de son bureau à l’Elysée, celui face auquel, tous les mercredis, Jacques Chirac vient s’asseoir pour préparer le Conseil des ministres avec le président.

Même si le candidat de la droite tente de faire fi des symboles, son aura de chef du gouvernement n’égale pas celle du chef de l’Etat. C’est donc en position de force, et confortablement installé dans son rôle présidentiel, que François Mitterrand mène les échanges. Quand Jacques Chirac, reprenant à son compte les remarques du socialiste lors du précédent débat, déclare : « Je ne suis pas le Premier ministre, et vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité […], vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand », l’intéressé rétorque laconiquement : « Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre. »

2 mai 1995 : 16,7 millions de téléspectateurs

Le débat entre Jacques Chirac et le candidat socialiste Lionel Jospin est plus posé que les précédents, moins offensif. Les deux hommes s’écharpent toutefois sur le bilan des présidences mitterrandiennes. Les plans de coupe, interdits par Robert Badinter en 1981, font leur retour.

Lionel Jospin attaque Jacques Chirac sur la longueur du mandat présidentiel, qu’il veut faire passer de sept à cinq ans. « En badinant », le socialiste tacle le candidat de la droite : « Mieux vaut 5 ans avec Jospin que 7 ans avec Jacques Chirac. Ça serait bien long. » Une déclaration qui n’est pas sans faire sourire le favori et futur vainqueur de cette élection.

2002 : pas de débat

Jacques Chirac refuse de donner du crédit à l’extrême droite et n’accepte pas de débattre avec Jean-Marie Le Pen. Le président sortant refuse de cautionner « la banalisation de la haine et de l’intolérance. » Par média interposé, le fondateur du Front national dénonce une « piteuse dérobade ».

22 mai 2007 : 20,4 millions de téléspectateurs

Entre le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et la socialiste Ségolène Royal, le torchon brûle pendant plus de deux heures trente. Sur la question des enfants handicapés, la première femme à accéder au second tour de l’élection présidentielle s’emporte. A Nicolas Sarkozy qui l’accuse de « perdre ses nerfs », et qui affirme que « pour être président, il faut être calme », elle rétorque : « Je n’ai pas perdu mes nerfs, je suis en colère et il y a des colères très saines, très utiles. »

En fait, Ségolène Royal tombe dans le piège tendu par son opposant : elle essaye de faire sortir Nicolas Sarkozy de ses gonds et se montre très offensive, mais elle n’arrive pas à le déstabiliser. Le candidat de l’UMP lui reproche cette tactique avec malice : « Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante. » Et la socialiste de répondre : « Je ne suis pas méprisante, je connais vos techniques. Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime. »

A noter que pour la première fois dans un entre-deux tours de l’élection présidentielle, la gagnante Ségolène Royal propose au troisième homme, François Bayrou un débat. Avec cette initiative, la socialiste espère draguer une partie de l’électorat du centriste. Le débat se déroule d’ailleurs de manière très courtoise.

2 mai 2012 : 17,8 millions de téléspectateurs

« Quel président comptez-vous être ? », demande la journaliste Laurence Ferrari à François Hollande pour clore le débat, long de près de trois heures. Le socialiste se lance alors dans une tirade, de plus de trois minutes. Plus d’une quinzaine de fois, il répète ces mots : « Moi, président de la République… » Il dépeint et critique, en creux, le mandat de Nicolas Sarkozy car il veut en proposer l’antithèse. Cette anaphore (procédé rhétorique qui consiste à répéter plusieurs fois les mêmes mots en début de phrase) a inspiré des titres de films et des chansons, et reste l’une des phrases les plus marquantes de l’histoire des débats présidentiels français.

Après coup, François Hollande confie qu’il pensait que Nicolas Sarkozy allait l’interrompre. D’aucuns ont fait remarquer qu’il aurait tout simplement pu le couper en disant « Mais pour cela, il faudrait que vous soyez élu. » Sauf que le président sortant n’en fait rien, et le socialiste déroule. Même si l’équipe de campagne de Hollande laisse d’abord penser le contraire, les mots « Moi, président » avaient été choisis avec précaution, et la tirade était pour partie préparée. Mais face au silence de Nicolas Sarkozy, celui qui allait être élu président prend son temps et ses libertés. « J’aurais pu continuer longtemps, j’en avais ! », déclare le socialiste à la presse dans les jours suivants le débat.

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mars 3rd, 2016 by africa48

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